Catégories

Promotions

Meilleures ventes

Tu aurais eu 17 ans

Publié le : 02/08/2017 15:56:39
Catégories : Femme Rss feed , Maternité Rss feed

Tu aurais eu 17 ans

Tes 17 ans

Tu aurais eu 17 ans
Le bel âge

Je t’ai nommé, pour moi tu étais une fille, j’en étais sure dans mon ventre, dans mon coeur, dans ma chair. 
J’avais peur j’avais 23 ans ton père ne voulait pas de toi.
Je lui avais pourtant dit que je ne prenais pas la pilule et que je préférais qu’on utilise les préservatifs qui protégeaient de tout, pas que de la grossesse. Et puis franchement, j’ai toujours su que je voulais devenir mère alors moi je préfère me protéger des maladies que de devenir mère alors à lui de se protéger… il était prévenu.
Je pensais sincèrement que ça convainquerait un homme de ne pas oublier de mettre un préservatif avec moi. Comme je me trompais.
Dès le premier rapport il l’a retiré en douce profitant de mon inexpérience.
Ensuite il a été impossible de lui en faire remettre une.
Il savait qu’il ne prenait aucun risque avec moi.
Moi avec lui ? … pffff est-ce que ça compte ? Est-ce que je comptais ? Est-ce que j’ai jamais compté ?
Il va sans dire qu'il m'a largué sitôt après.

Je suis tombée enceinte un 8 octobre.
Je l’ai annoncé à ton père le 2 novembre le jour des défunts comme un présage.
Je savais d’avance sa réaction mais je ne voulais pas lui mentir.

- Je n’en veux pas de ce bébé… tu avorteras pour nous… nous aurons « peut-être » une chance après… si tu m’aimes tu le feras….

Il a eu de la "chance", je suis tombée très malade en début de grossesse.
Je me suis mise à avoir la nausée en permanence. Impossible de manger, j’ai commencé à beaucoup maigrir, puis j’ai commencé à vomir de façon incoercible.
J’ai été voir un gynécologue, il m’a dit ne rien pouvoir faire.
Que le seul traitement était 3 mois dans le noir total, sans son, sans activité, sans nourriture, sans visite, juste une perfusion.
Et encore il n’était pas sur du résultat.
J’ai demandé si ça sauverait mon bébé.
Il a haussé les épaules.
J’ai demandé si il y aurait des séquelles sur ma santé.
Il a haussé les épaules.
Je suis repartie sans aucun traitement.
Il m’a laissé 2 jours pour réfléchir.
2 jours sans manger et boire.
Lors du rendez-vous suivant il m’a demandé alors on fait quoi ?
— Je sais pas…. J’ai envie de le garder ce bébé mais je peux pas rester sans manger et encore moins sans boire.
— si vous ne prenez pas une décision aujourd’hui , les commandos anti-ivg ont prévu de bloqué la clinique, ensuite vous serez hors délai et je ne pourrais plus rien pour vous.
Je n’avais ni mangé ni bu depuis 2 jours.
J’ai dit oui pour ce qui me semblait être une IMG.
J'étais tellement faible qu'on a du venir me chercher en chaise roulante jusqu'à la voiture qui m'a amenée.
À mon réveil j'ai entendu les infirmières discuter "Elle en met du temps à se réveiller !" .... "Elle est complètement déshydratée".

J’ai compris très rapidement dès que j’ai repris un peu de force et que mon esprit à repris un peu de tonus que ce médecin m’avait manipulé depuis le début.
Pourquoi ne m’avait-il donné aucun anti-nauséeux, anti-vomitif comme le motilium, le vogalène, primperan, largatil, et tout ceux que l’on m’a donné pour mes grossesses suivantes qui était bien pire et qui n’ont jamais été considéré comme en danger ?
J'ai su plus tard que je souffrais d'hypérémèse, nausées gravidique (du latin utérus et non grave), vommissement incohercible... voici pour les termes médicaux.

Ce médecin avait simplement décidé à ma place que j’étais trop jeune, ou que ça ne se fait pas d’avoir un enfant seule ou les deux.
Mais aussi et surtout parce que je ne voulais pas de TV ... toucher vaginaux.
Il m'a dit que je n'avais le droit légal de refuser, que je mettais en danger mon bébé, "non assistante à personne en danger".
Que si je persistais on me ferait les TV de force avec une camisole dans un hôpital psychiatrique.
Mon hypérémèse tombait à pic et lui a donner tous les pouvoirs sur moi. 

J'aurais du mener une action contre lui.
Mais j’étais trop détruite pour porter plainte les premiers temps.
Ensuite c’était derrière moi et trop douloureux de replonger dans tout ceci.

Comme je m’en veux de t’avoir tué.
Comme je m’en veux de ne pas avoir été la maman lion que je pensais que je serai pour tous mes enfants.
CE jour où j’ai laissé un homme t’arraché à mon ventre par des mensonges c’est moi que j’ai tué ce jour là.
J’ai détruit pour toujours une partie de moi.
La partie qui me semblait forte.

J'ai aussi perdu toute confiance dans le monde médical.
Ce médecin était là pour ME soigner, il a pris ma vie.

Je n'attends ni jugement ni réconfort.
Juste besoin que les mots sortent enfin.

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire

 (avec http://)

PayPal